La distance

Très souvent, les distances telles qu’elles sont retenues comme acceptables par les humains sont en fait bien trop réduites pour les chiens.

Certains chiens s’adaptent aux distances imposées par la société humaine sans trop de problèmes lorsque c’est nécessaire, mais se sentiront quand même plus à l’aise lorsqu’ils peuvent déterminer eux-mêmes la distance juste pour évaluer une situation, ou pour vivre une interaction posée, réfléchie et respectueuse de soi et de l’autre.

D’autres chiens s’adaptent moins facilement et peuvent se sentir très mal à l’aise dans les rythmes et distances appliqués par la société humaine, développant une expression d’attitudes basées sur l’impulsivité et la réactivité.

Dans de nombreux cas, le compagnon humain du chien veut bien faire en agissant sur le comportement en soi et « habituant » son chien à des rencontres rapprochées ou à des contacts directs, mais ignore complètement qu’il peut réaliser un apprentissage de compétences sociales beaucoup plus riche, productif et bénéfique sur le long terme.

En effet, agir sur le comportement nous poussera toujours à rencontrer des limites à un moment donné. Chaque chien est un individu à part entière ; croire qu’un processus d’apprentissage standard et égal pour tous soit la solution nous enferme dans des schémas extrêmement rigides et nous fait perdre le véritable sens de la relation entre le chien et l’humain.

Pour nous concentrer sur notre sujet du jour qui concerne les distances, (re)donner au chien la possibilité, en termes d’espace et de temps, d’observer et d’évaluer les situations constitue déjà une partie significative qui lui permet de prendre ses décisions à partir d’un espace émotionnel en équilibre.

Le fait de donner au chien ce temps et cet espace d’observation et d’évaluation nécessaires à l’élaboration des informations extérieures et intérieures est primordial chez les chiens agissant dans l’impulsivité. Même si dans le cas de relations connaissant des difficultés de ce genre, un travail parallèle plus approfondi devra être effectué sur l’équilibre et l’harmonie de la relation, ce premier pas apportera déjà des éléments positifs.

Dans le cas de chiens n’éprouvant pas de difficultés particulières avec les rythmes et distances appliqués par la société humaine, il est malgré tout plus qu’intéressant d’offrir au chien la possibilité de choisir la rapidité, les trajectoires, etc. selon lesquelles il souhaite vivre la situation rencontrée.
C’est le cas de la vidéo ci-dessous où Tao, qui ne rencontre aucune difficulté sociale ou émotionnelle dans les croisements rapprochés avec les chevaux ou les vélos, choisit dans ce contexte d’observer le passage de ceux-ci à une certaine distance.

N’oublions pas que chaque moment marqué par l’observation et la réflexion augmente la sérénité dans les prises de décisions, ainsi que l’aptitude à s’adapter plus adéquatement aux différentes situations aléatoires rencontrées.

Et chaque moment d’écoute subtile et profonde de l’autre enrichit considérablement la relation, augmentant l’harmonie et donc la qualité de celle-ci.

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2 commentaires pour La distance

  1. Meyer dit :

    Oh que oui pour cet article ! J’ai aujourd’hui vraiment l’impression qu’il y a un réel travail à faire au niveau de la société humaine pour ne pas appliquer aux chiens nos propres schémas de compréhensions ( J’en viens même parfois à me dire que vivre avec mon chien dans de telles conditions- où globalement seul la docilité du chien est prise en compte pour le tolérer- est un parcours de combattant …. de longue haleine… et vraiment pas encore gagné : il faut bien constater que peu de personnes sont, ne fût-ce qu’un petit peu, intéressées par le langage canin – et que dire de la majorité des clubs canins … bon, j’arrête)
    Oh que oui ! Quel plaisir de constater, lorsque les chiens ont leurs libertés de décision, de constater que dans la plupart des cas, ils sont des donneurs de leçons dans leurs manières d’éviter les conflits afin de ménager une cohabitation.
    Oh que oui encore ! Parce que j’y reconnais mes erreurs : « forcer » (c’est-à-dire être complètement ignarde quant au rythme du chien et sa propre capacité à créer des liens) Nitch lorsqu’il était jeune à s’entendre avec tous les chiens …
    J’aurai encore bien des choses à dire, mais bon, je termine par une belle anecdote qui date d’aujourd’hui : dans un tournant d’un chemin Nitch se trouve face à un Husky (mâle castré) qu’il connait (il y a quelques mois, un mauvais réflexe de ma part- j’avais obéi à l’injonction de la personne à reprendre mon chien en liberté- c’est-à-dire à m’approcher du sien qui était en laisse- avait provoqué une bagarre pas bien grave – sauf entre humains … ) Aujourd’hui, voyant Nitch avec son attitude de « frimeur » (grognement, raideur, …), j’ai demandé à la personne de ne pas rattacher son chien et de ne pas diriger son corps vers Nitch : incroyable ! automatiquement, dès qu’elle s’est tournée d’un quart de tour, son chien est revenu vers elle. Nitch a alors pris ces distances et est revenu vers moi. J’ai eu le bonheur aujourd’hui de trouver une personne qui a bien voulu entendre.
    Demain, on verra bien …

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