Ignorer ou ne pas ignorer ?

On entend un peu partout qu’il faut ignorer son chien lorsqu’il manifeste des comportements inopportuns (inopportuns aux yeux de son compagnon humain, entendons-nous bien), pour ensuite renforcer quelque chose qu’il fait bien par la suite.

Avant de m’étendre quelque peu sur le sujet, je vais tout d’abord répondre à la question du titre : ignorer ou ne pas ignorer ? Ma réponse est : pas pour moi, quoi qu’il en soit …

Le fait d’ignorer son chien (ou n’importe quelle personne qui nous est chère, d’ailleurs) génère pour ma part à chaque fois une petite déconnexion dans la confiance et dans la relation, et l’accumulation de toutes ces petites déconnexions à chaque fois que notre présence et notre écoute ne sont pas authentiques, crée à terme des fissures et des cassures dans la communication et dans la confiance, et c’est par conséquent la relation toute entière qui s’en retrouve déstabilisée et abîmée.

Mon objectif d’aujourd’hui est de tenter par le biais de cet article d’aider les personnes qui ne voient pas d’autre alternative au fait d’ignorer leur chien, ainsi qu’à celles qui ne voient actuellement pas d’autre alternative que de donner des conseils dans ce sens face à des comportements inopportuns.

Commençons par 2 mises en situation :

1) Imaginez que vous exprimiez à quelqu’un qui vous est cher quelque chose qui vous tient vraiment à cœur, et qui implique beaucoup de vos émotions, désirs et convictions. Et la personne avec qui vous partagez cela – qu’il s’agisse de votre partenaire, d’un ami, d’un membre de votre famille ou peu importe – ne vous prête aucune attention, ne manifeste aucune réaction à votre égard, et continue à vaquer à ses occupations sans même considérer votre présence. Vous êtes invisible …

Je vous invite à observer les sensations que cette situation créerait chez vous. Quelles émotions surgiraient en vous ? Vous sentiriez-vous écouté et accueilli ? Comment percevriez-vous la connexion et la communication vis-à-vis de cette personne ? Et comment auriez-vous envie de réagir sur le court terme d’abord, et sur le long terme ensuite, si cela se reproduisait encore et encore ?
Est-ce que la simple présence attentionnée de l’autre – qu’il soit d’accord avec vous ou non – modifierait votre sensation et vos émotions ? Si oui, de quelle façon ?
2) Imaginez maintenant que vous rencontriez régulièrement une personne que vous appréciez beaucoup, et que celle-ci se démontre très enthousiaste à votre égard. Quelqu’un vous dit de l’ignorer, ce que vous faites à partir du prochain rendez-vous, et vous ne la saluez plus.
A votre avis, comment cette personne va-t-elle se sentir ? Quelles questions sont susceptibles d’émerger en elle ?
Imaginons ensuite que cette personne continue malgré tout de vous dire bonjour de façon de plus en plus enthousiaste, et que vous commenciez à vous énerver sur elle …

Ou alors, autre scénario, que cette personne – que vous appréciez beaucoup, je vous le rappelle -, suite à votre manque d’intérêt à son égard, commence avec le temps à diminuer de plus en plus les interactions avec vous, qu’elle souhaite échanger et partager de moins en moins avec vous, et qu’elle devienne de plus en plus superficielle à votre égard.

Prenez quelques secondes pour essayer de comprendre ce qui pourrait se passer dans sa tête et dans la vôtre dans une situation comme celle-ci.

Ces 2 situations sont loin d’être agréables et attrayantes, pas vrai ?

Ce n’est pourtant pas si différent des situations dans lesquelles vous choisissez d’ignorer votre chien plutôt que de lui offrir votre présence et votre accueil.

Quoi que fasse votre chien, ses réactions ou ses comportements sont guidés par des désirs, des motivations et des émotions, qui sont pour lui tout aussi importants que les vôtres lorsque vous partagiez quelque chose qui vous tenait à cœur avec une personne chère dans le premier exemple de la mise en situation.

Être présent et accueillir ne veut pas dire être forcément d’accord avec tout ce que votre chien exprime ; cela veut plutôt dire que vous lui manifestez votre présence et que vous lui communiquez que vous l’avez vu et entendu. Après, libre à vous d’être d’accord ou pas d’accord, et libre à vous d’accepter l’invitation de votre chien ou de lui proposer autre chose à ce moment donné.
Mais peu importe que vous soyez d’accord ou pas, ou que vous souhaitiez accepter son invitation ou lui proposer autre chose, vous pouvez lui communiquer en tous les cas que vous êtes présent et que vous l’avez vu et entendu. Il existe et n’est plus invisible 🙂

Cette manière de vivre la Relation augmente le respect et la communication réciproques, et donc la confiance qui lie les 2 individus l’un à l’autre. Elle stimule l’échange plutôt que la violence, et elle ouvre les portes à une authenticité et à une Relation beaucoup plus profondes.

Ce qui se produit est une rencontre des espaces intérieurs respectifs du chien et de son compagnon humain, au sein de laquelle chacun peut continuer à évoluer en étant Libre d’Être Soi …

Belles découvertes, et bien entendu les partages sont les bienvenus 🙂

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8 commentaires pour Ignorer ou ne pas ignorer ?

  1. Isa 's Heeren dit :

    Point de vue interessant et qui m’interpelle.
    Conseillez-vous également de ne pas ignorer un chien qui, suite à bcp de tps passé avec lui en vacances, a maintenant du mal à supporter la solitude et developpe des attitudes d’anxiété?
    Je lis souvent que face à ce type de comportements il est préférable d’ignorer le chien au min 15′ avant de partir et 15′ après le retour. Si ignorer vous semble un mauvais choix, que conseillez-vous?

    • Dog Balance dit :

      Je n’ignorerais pas le chien en rentrant, mais j’essaierais au contraire d’entrer en contact avec lui pour voir ce dont il a besoin lorsque vosu rentrez. Partager un moment avec vous, aller faire une balade, …
      Pour ce qui est du moment où vous partez, ça dépend du degré d’anxiété de votre chien, et surtout de la réelle cause plus profonde de cette anxiété. Vous pourriez essayer de réduire la durée de vos absences en travaillant avec de très courtes périodes au départ (quelques secondes, puis 1 min., etc.). Et vous pourriez utiliser une phrase (toujours la même) lorsque vous partez. Vous prolongez ensuite la durée.
      Ce ne sont que des propositions, c’est assez compliqué de donner des conseils sans voir votre chien 🙂

  2. GREGOIRE dit :

    Je suis d’accord avec cette façon de voir les choses, l’indifférence n’arrange rien même si certaines situations ne sont pas faciles à gérer

  3. Mary dit :

    Je suis 200% d’accord avec vous !

  4. sophie cdb dit :

    oui oui j’ai déjà eu ce charmant conseil alors que ma chienne arrivait vers moi une balle dans la gueule la « queue hélicoptère » le sourire je dirai même « Elle veut te dominer » (ah bon j’ai pourtant cru qu’elle voulait jouer) « ignore la » (oh mais elle et si mignonne)

  5. DE MEY dit :

    Bien que je partage votre avis sur le sujet, vous n’avez rien démontré du tout en faisant un parallèle avec la psychologie humaine.
    Vous ne convaincrez que les containcus.

    • Dog Balance dit :

      Mon but n’est jamais de démontrer quoi que ce soit, ni d’ailleurs de convaincre, mais plutôt de donner des pistes de réflexion et de créer des possibilités d’échange sur les différents sujets 🙂

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